La loi sur la famille a été ajournée cette nuit sine die.

Les débats ont été interrompus au milieu de l’examen de l’article 10 du texte, sur la reconnaissance du rôle des beaux-parents. Ce n’est pas un hasard si l’achoppement a eu lieu sur ce point, extrêmement litigieux.

En effet, cette reconnaissance du statut de beau-parent, outre le fait qu’elle n’avait pas lieu d’être dans la pratique et la psychologie du beau-parent, impliquait le principe de la prévalence d’un tiers sur le père ou la mère de l’enfant. Les débats se sont arrêtés là, car l’absurdité de la proposition a sans doute mis en lumière aux yeux des députés, la problématique générale de certaines propositions de loi sur la famille, qui tentent d’inscrire l’inhumain (par exemple, enlever un enfant à son parent) au sein de la société.

Une réflexion de fond s’impose désormais sur la question principale qui sous-tend les nouvelles lois sur la famille: un enfant se partage-t-il? Un enfant se transfère-t-il à un tiers? Un enfant est-il l’objet de droits dont les adultes seraient titulaires? Un enfant est-il un bien? Un enfant s’achète-t-il?

Eliette Abécassis