A partir de l’analyse de la réalité de la mise en oeuvre des contrats de mère-porteuse dans plusieurs pays, Muriel Fabre-Magnan analyse dans son ouvrage* toutes les dérives auxquelles conduisent la marchandisation du corps des femmes et la transformation de l’enfant – de personne en objet dans le cadre de ces conventions.
A propos de l’intérêt de l’enfant?

« Où est l’intérêt de l’enfant, et où est sa liberté, lorsque des adultes font entre eux des arrangements pour déterminer qui seront ses père et mère? Lorsqu’il est traité comme un produit que la mère qui l’a porté doit remettre à un couple commanditaire contre une rémunération? Après tant d’efforts et de combats pour que l’enfant soit considéré comme une personne à part entière, on admettrait sans résistance que l’enfant soit une chose que des adultes pourraient commander, fabriquer et s’échanger de gré à gré?…Qu’en est -il des dommages subis par les enfants? Qu’éprouveront-ils en apprenant que leur mère les a portés pour de l’argent et qu’ils ont ainsi été vendus? Comment vivront-ils le fait qu’elle les ait abandonnés à la naissance, c’est-à-dire qu’elle  ait renoncé à être leur mère? L’enfant pourra-t’il demander la réparation de tous ses préjudices? »

 « La gestation pour autrui, fictions et Réalité » – Editions Fayard 2013.