Frédéric Chiche est  gynécologue-obstétricien à l’Hôpital Américain de Paris. Il intervient le 11 février au Parlement Européen de Strasbourg sur ce thème. Il est membre du CoRP. 

Interview paru dans « La Vie » daté du 10 février 2015.

« …La GPA était-elle une étape inéluctable du développement de la médecine de la procréation ?

La GPA n’est pas une innovation ou une technique médicale, c’est une pratique sociale – elle existait avant la procréation médicalement assistée, simplement on inséminait une femme qui se retrouvait donc aussi la mère génétique. Il faut bien comprendre que ce n’est pas une façon de libérer la femme des contraintes de la grossesse, puisque ça suppose l’asservissement d’autres femmes à ces mêmes contraintes. On parle de don de grossesse. Mais on évite soigneusement de penser le lieu de cette grossesse, qui est le corps de femmes. Parler de « gestation » et « d’altruisme » est un artifice sémantique pour occulter qu’il s’agit d’une grossesse et d’un accouchement que doit suivre l’abandon d’un nouveau-né. Or il faut être conscient que la GPA, c’est aussi un marché. L’utérus est la pièce manquante d’une chaîne industrielle visant pour des parents à produire des enfants à partir de leurs propres gamètes, donc avec leurs propres gènes. Car on favorise à outrance la transmission génétique. Cela ne me semble pas un hasard si c’est en Californie que se déroulent à la fois les GPA et la recherche sur le transhumanisme. Alors, si on fait sauter le verrou que constitue le lien entre la grossesse, le corps d’une femme et la maternité, ce sera la voie vers le plein capitalisme : délocalisation et optimisation du produit. »

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http://www.lavie.fr/actualite/bioethique/ne-faisons-pas-sauter-le-verrou-qui-lie-grossesse-corps-de-la-femme-et-maternite-10-02-2015-60380_394.php