La GPA, qu’est-ce que c’est ?

GPA signifie “Gestation pour autrui” – acronyme trompeur car il n’y a aucun altruisme dans cette pratique qu’il faudrait plutôt appeler “Grossesse pour acheteur”.

Il s’agit du recours d’un couple, ou d’une personne, à une “mère porteuse”, laquelle est rémunérée pour porter pendant 9 mois un enfant conçu en laboratoire avec des gamètes le plus souvent différents des siens.

Au terme de la grossesse, la femme s’engage à se défaire de l’enfant auquel elle a donné la vie, au profit des acquéreurs.

Quelle est la différence entre pratique des mères porteuses et trafic d’enfant ? Quelle est la différence avec l’adoption ?

L’enfant n’est pas affilié génétiquement à la mère, mais ou bien à l’un au moins des parents du couple acheteur, ou bien à des “géniteurs” extérieurs – tout étant fait pour que la “gestatrice” ne puisse pas se considérer comme la mère, comme si la grossesse ne rendait pas mère.

Se prétendant “géniteurs” de l’enfant à naître, ou bien ayant acheté les gamètes par lesquels l’enfant a été fécondé, les acquéreurs s’estiment les propriétaires de l’enfant.

La GPA n’est-elle pas un altruisme, un don !

NON : ce n’est aucunement un don, encore moins de l’altruisme, malgré la rhétorique qui l’accompagne.

La réalité est marchande, d’un bout à l’autre de la chaîne de production et de commercialisation d’un enfant. Dans cette chaîne, la mère est considérée comme une machine.

Dans les tractations entre demandeurs d’enfants et mères porteuses, quels sont les intermédiaires ?

 On compte au moins 4 types d’intermédiaires :

  • des agences spécialisées dans le trafic des ventres.

Elles recrutent des femmes prêtes à vendre une grossesse; elles vont chercher les parents en détresse d’enfants. Ces agences mettent les deux acteurs en relation, moyennant des honoraires très importants.

  • des médecins
    • ceux qui acceptent de traiter celle qui vend ses ovules, pour stimuler ses ovaires
    • ceux qui transfèrent un ou plusieurs embryons dans l’utérus de la mère
  • des laboratoires
    • ceux qui recueillent le sperme du “géniteur biologique” et les ovules de la “mère génétique”
    • ceux qui pratiquent une fécondation in vitro des ovules par les spermatozoïdes
  • des cabinets juridiques qui conçoivent les contrats de location d’utérus et de trafic d’enfant.

Combien coûte une GPA ? Comment sont rémunérées les mères pour porter un enfant qu’on leur demande d’abandonner ? Qui gagne combien ?

Dans ce commerce où les personnes sont à vendre, où plus rien n’échappe au marché, même pas la maternité et la filiation, « tout le monde gagne »…. Certains, plus que d’autres.

Pour ceux qui achètent un enfant ? « avoir un enfant » coûte à peu près le prix d’une voiture de luxe… sauf que vous attendez un peu plus pour l’avoir.

Aux États-Unis, l’achat d’une grossesse et d’un enfant peut coûter entre 100.000 et 200.000 dollars (d’après Emmanuel Gratton, « Entre pères gays et mères porteuses », Dialogues, n° 202, 2013/4 (http://www.cairn.info/revue-dialogue-2013-4.htm).

En Inde, d’après Sharmilla Rudrappa, le prix est bien moindre pour le couple commanditaire, entre 45.000-50.000 dollars (India’s Reproductive Assembly Line – Contexts).

Une agence rare à afficher ses tarifs propose un forfait « à l’international » de 77000 dollars, « coût de base » qui « ne comprend pas le cycle FIV et les médicaments » pour la mère… (FAQ sur la gestation pour autrui à l’attention des parents | Réponses aux questions fréquentes sur la gestation pour autrui | NWSC). Selon ces tarifs, la mère porteuse serait « rémunérée » entre 34000 et 37 000 dollars, l’agence 23000 dollars, les frais juridiques tournant entre 7 000 et 9000 dollars. Les frais annexes concerneraient la recherche de la mère porteuse (« localisée et sélectionnée », on vérifie soigneusement ses « antécédents criminels », outre « examen psychologique, visite à domicile »…).

Les indemnités pour la mère de l’enfant ? Elles évoluent selon les pays, mais sont à chaque fois « intéressantes » pour des gens qui ont besoin d’argent.

  • De 12000 à 20 000 dollars canadiens (entre 7700 et 12800 euros) au Québec (Canada) – de quoi acheter une voiture normale…
  • De 2000 à 20 000 euros en Californie (USA)
  • De 3 000 à 5 000 euros en Inde si la grossesse est menée à terme. Si la grossesse n’aboutit pas (ce qui est souvent, dans les contrats, à la discrétion du couple commanditaire – enfants handicapés etc. -), la mère porteuse n’est pas payée.
  • 4 500 euros pendant les 9 mois de grossesse + 16 000 euros à l’accouchement, soit 20 500 euros en Ukraine (équivalent approximatif de 10 mois de salaire).
  • Autour de 10 000 euros (environ 10 mois de salaire) en Grèce

Dans cette affaire, on oublie la « rémunération » de la « donneuse » d’ovocytes (qui encourt des risques et peut même en mourir), sans laquelle la GPA ne pourrait avoir lieu dans le cas où la mère « commanditaire » n’est ni la donneuse, ni la gestatrice. Les données sont difficiles à trouver car insérées dans le coût total de la GPA. A l’heure actuelle aux USA (cf. Émission de France Culture de septembre 2014 : interview d’Alexis Escudéro autour de son livre « Reproduction artificielle et marchandisation du vivant »), la « donneuse » d’ovocytes est rémunérée entre 2 500 et 5 000 euros, en fonction des critères sélectionnés (couleur de peau, couleur des yeux, mensurations, QI, nombre d’années d’études, antécédents familiaux : dépression ou cancer de l’un des ascendant, etc.)

 La « donneuse » d’ovocytes est celle qui court les plus grands risques pour sa santé.

Si, aux États-Unis, les donneuses d’ovocytes sont rétribuées entre 2500 et 5000 euros en moyenne, elles sont payées 900 euros en Espagne. En Inde, la donneuse est sensée toucher 730 euros qui se réduisent souvent à 300 euros, comme cela a été le cas pour la promesse faite à Yuma Sherpa, décédée le 29 janvier 2014, suite à la ponction de ses ovocytes.

Si l’on tient compte du temps consacré, des inconvénients liés à un protocole médical lourd (injections hormonales, prises de sang, échographies) et des risques encourus du fait du traitement hormonal parfois intempestif (allant jusqu’à 18 fois les doses hormonales requises dans un cycle naturel) pour obtenir une super-ovulation (de 9 à 30 ovocytes au lieu d’un, dans un cycle « naturel ») et la ponction des ovocytes (anesthésie générale) nulle rétribution n’est excessive, en comparaison avec ce qu’empochent les cliniques et les intermédiaires, qui eux, se gavent en ne courant vraiment aucun risque sanitaire.

Qui gagne le plus à ce jeu marchand ? les agences commerciales et les intermédiaires médicaux.

Qui gagne le moins ? La mère certainement, compte tenu des risques qu’elle prend, et des blessures physiques et psychologiques qu’elle gardera. Quant à l’enfant ? faudra-t-il, à ce jeu où tout s’achète et se vend, où tout se paye pour obtenir le silence, faudra-t-il un jour payer les enfants nés par GPA pour qu’eux aussi fassent partie du « tout le monde y gagne » ?

 

Quel est le profil social et culturel des femmes qui portent un enfant pour les autres ? et qui sont ceux qui achètent des enfants ?

En Inde, les femmes « gestatrices » appartiennent la plupart du temps à une classe sociale défavorisée (souvent analphabètes) et sont exploitées, isolées de leur famille jusqu’à la fin de leur grossesse et les intermédiaires récupèrent la quasi-totalité de l’argent versé par les commanditaires.

Aux Etats-Unis, selon l’anthropologue Helena Ragoné, le profil moyen d’une mère porteuse est celui d’une femme blanche, chrétienne, mère de deux enfants et appartenant à la petite bourgeoisie. Les agences refusent en moyenne 40 % des candidatures, en particulier celles de femmes vivant de l’aide sociale.

Quel est le profil de ceux qui achètent des enfants ? Outre les couples hétéros, dont la femme est stérile (absence ou dysfonctionnement des ovaires ou de l’utérus) et les couples gays, des stars et des femmes riches qui ne veulent pas s’imposer la contrainte d’une grossesse (risquant d’entraver leur carrière) ont aussi recours à la GPA. Aux Etats-Unis où la pratique devient plus courante, on voit même une demande croissante venant d’hommes célibataires hétérosexuels.

 

La GPA est une pratique courante; la France doit suivre l’évolution du monde et ne pas rester isolée.

FAUX. Cet argument est fallacieux. En 1981, lorsque le Parlement a aboli la Peine de Mort, c’était une pratique courante. Et ça l’est encore, notamment aux USA.

Dans la plupart des pays européens, la GPA n’est pas légale. Même aux USA c’est une pratique minoritaire.

La GPA, c’est priver l’enfant de sa mère. C’est une domination sur les femmes

VRAI. La mère n’est qu’un lointain souvenir, ou même pas connue de l’enfant.

La mère est réduite au statut de « porteuse » privée d’identité. On lui refuse toute capacité à transmettre son nom et son amour, et même sa présence symbolique.

C’est une négation volontaire de la toute première relation humaine du bébé (à naître) avec sa mère. C’est une coupure de la mémoire généalogique et historique.

Seul compte le sperme « géniteur », symbole de « virilité » et d’androcentrisme. C’est un retour au le patriarcat dans son apothéose de la domination des femmes.

 

Seul compte le père commanditaire, qui donnera son nom, sa marque, alors que la mère sera gommée, père qui a droit de vie, d’identité sur l’enfant à naître – et même droit de mort, s’il change d’avis, d’après le contrat de GPA.

La pratique des mères porteuses est un phénomène phallocrate

VRAI. Des hommes utilisent une femme, réduite à un ventre, comme simple moyen de fournir un enfant, sans  la reconnaître  comme la mère. Ils instaurent une filiation exclusivement paternelle, comme dans l’Antiquité.

N’y a-t-il pas une GPA “éthique”, celle que la France doit promouvoir, où les mères ne seraient pas rémunérées, et où l’eugénisme n’aurait pas lieu ?

FAUX – L“’indemnisation” de la mère porteuse, qui éviterait la “rémunération”, est une belle mascarade de langage. Quelle tartufferie de croire que des femmes accepteront de porter un enfant jusqu’au bout, avec les fatigues, les risques, et l’attachement qu’implique une grossesse, juste pour faire plaisir à d’autres ?

C’est une belle arrogance, enfin, de croire que la France serait différente du reste du monde et pourrait mettre en place un tel système.

“La GPA c’est deux parents… et une esclave” (Charlie Hebdo). Mais si les femmes sont consentantes ?

Il y avait en effet des esclaves consentants lorsque fut aboli l’esclavage. Ce n’est pas un argument qui justifie pour autant l’esclavage.

Quant aux « mères porteuses consentantes », il faut faire la part de la rhétorique auto-justificatrice, et des raisons réelles de la démarche : l’argent qu’on prétend leur faire gagner (une misère quand on risque sa vie), un mari ou des parents peu scrupuleux qui force à travailler de cette manière, etc…

La légalisation des mères porteuses en France permettrait d’éviter un vide juridique dangereux en fixant un cadre nécessaire ?

FAUX ! Dans les pays où le recours aux mères porteuses a été légalisé, cette légalisation a au contraire multiplié les problèmes juridiques, souvent de vrais cauchemars : les parents d’intention, qui, en voie de séparation, changent d’avis, la mère change d’avis, ou la mère gestatrice qui change d’avis, sont les problèmes les plus courants. D’autres situations sont hélas apparues et donnent à s’interroger : fabrication secrète de jumeaux, avec les gamètes transférés, le second étant caché au couple commanditaire pour être vendu à un autre couple (Inde); situation où l’enfant s’avère « handicapé » (bec de lièvre, mongolismes divers…), et où les parents n’en veulent plus; cas où les « demandeurs » n’ont plus le désir d’avoir un enfant.

Le contrat aliène la liberté de la mère – de travailler, de vivre dans sa famille pendant sa grossesse, de se traiter, etc.

En Australie où la parole semble plus libre qu’aux USA, et où le recul sur la GPA « légale » est important, des associations commencent à faire le bilan des mésaventures subies par les femmes, mais aussi par les couples commanditaires, sans parler des enfants.

Une loi sur la « GPA dite éthique » serait-elle à même d’apporter une réponse satisfaisante à toutes les dérives qui se manifestent et se manifesteront ? Doit-on faire une confiance aveugle à la techno-science, et la bio-médecine et aux intermédiaires toujours intéressés ?

La France ne doit-elle pas encadrer la pratique pour éviter la « mauvaise GPA » indienne ou californienne ?

FAUX ! Il n’y a pas, il n’y aura jamais de « bonne GPA ». L’encadrement est un leurre.

La France est un modèle de droit pour beaucoup de pays, notamment francophones. Légaliser en France aura une portée internationale catastrophique.

C’est pourquoi la France est particulièrement ciblée par les entreprises de commercialisation des mères porteuses qui organisent régulièrement des congrès, des colloques, des pétitions et financent des groupes de pression très actifs jusque dans certains grands partis politiques.

De même qu’en 1981, l’abolition de la peine de mort par la France a eu une portée internationale, la France doit porter haut et clairement la cause abolitionniste contre le commerce des ventres et des enfants.

En refusant aux enfants nés par GPA des papiers français, on les met en situation d’incertitude juridique terrible, et on les punit pour des erreurs qu’ils n’ont pas commises !

FAUX. Les enfants ne sont aucunement punis. Cet argument récent est habile. Il est souvent utilisé par des personnes qui prétendent désapprouver le recours aux mères porteuses mais qu’« il faut bien tenir compte de la réalité »…

Or :

  • 1/ ces enfants ont déjà un état civil, pourquoi aurait-ils besoin en plus de la nationalité française, puisque les parents commanditaires, qui sont leurs tuteurs, ont décidé sciemment d’enfreindre la loi française ?
  • 2/ En rien la filiation étrangère prétendue par les papiers fournis par les agences de GPA n’est remise en question, et le droit français reconnaît une identité stable à ces enfants nés par filiations étrangère.
  • 3/ Lorsque la GPA a été pratiquée dans un pays qui l’autorise, même si la France récuse la GPA, les enfants ont un état civil et jouissent de toutes les conditions nécessaires pour vivre en famille, obtenir la nationalité française dans les délais impartis à tous. Ils jouissent des mêmes droits que les autres enfants au sein de la société française et leur identité n’est pas mise en cause par le droit français.

En revanche, les enfants sont mis dans une situation d’étrangers par leurs propres « parents ».

Le combat pour la légalisation des grossesses pour d’autres est une discussion idéologique, une question de principe, que portent des militants engagés et des parents en souffrance ?

FAUX ! Les associations qui militent pour la légalisation du trafic des ventres sont les instruments d’intérêts économiques.

Beaucoup d’argent est en jeu, tout comme pour les mafias de la prostitution.

En outre, ces associations ne mettent jamais l’accent sur la souffrance des mères, de leurs familles, et des enfants concernés, encore moins sur les dangers que courent les mères dans le jeu dangereux de la Grossesse Pour Acheteur.

La GPA est un combat progressiste. Les abolitionnistes sont des réacs, des catholiques intégristes ou des musulmans. La légalisation de la GPA, c’est le progrès

FAUX ! En 2010, 50 parlementaires de droite ont appelé à la légalisation de la GPA… Et en effet, le trafic des ventres, la location du corps, le commerce des enfants, voilà de belles pratiques néolibérales !

La GPA est une exploitation, libérale et réactionnaire, antisociale, où ce qui domine c’est l’exploitation du faible et du plus pauvre par les riches. La GPA n’est pas du tout une pratique nouvelle, car on la trouvait déjà aux époques où l’esclavagisme était permis.

La GPA est un biologisme douteux, qui dévalorise les enfants de l’adoption qui n’ont pas de “lien de sang” avec leurs parents

VRAI.  La GPA favorise la mise en place de foyers où des jeunes femmes triées sur le volet mettent au monde des enfants fabriqués après sélection des gamètes, de manière totalement eugénique. Cette pratique est très proche de ce que faisaient les Nazis avec les “Lebensborn”.

Les gens qui sont contre la GPA sont en fait des homophobes car ils veulent empêcher les couples de même sexe d’avoir des enfants

AH BON ? Bertrand Delanoë, qui fut le deuxième homme politique français à rendre publique son homosexualité, a déclaré sur Europe 1 le 1er février 2013 :

« je suis très hostile à la gestation pour autrui. Ce n’est pas une aide à la procréation médicalement assistée, c’est un risque de commercialisation du corps de la femme, et ça, c’est quasi barbare »

On trouvera encore beaucoup d’homosexuels opposés à la GPA (ainsi les couturiers Dolce & Gabana, qui ont défrayé la chronique à ce sujet)

En France, elle est interdite à tous, hétéros et homos, célibataires ou couple. Il n’y a donc pas d’enjeu d’égalité.

La GPA est le seul moyen pour des parents infertiles d’avoir un enfant en des temps raisonnables : les possibilités d’adoption se restreignent, surtout pour les homosexuels

C’est peut-être VRAI. Mais il y a des droits de l’enfant, il n’y a pas de droit à l’enfant. Et il y a des droits de la femme. La GPA c’est la femme ET l’enfant réduits au statut de marchandise.

Après le mariage homosexuel, la GPA est une conséquence logique

FAUX. Cela n’a rien à voir. On peut être en faveur de l’adoption par les couples homosexuels mariés, et pourtant violemment hostile à la GPA.

Les droits des homosexuels n’ont pas été réclamés pour empiéter sur les droits des femmes.

La GPA est sujet bioéthique, un acte médical, comme la PMA, l’IAD et la FIV. Il n’y a pas à légiférer, ce sont les médecins qui décideront.

FAUX : la GPA est un sujet éthique, économique et social, qui pose une problématique féministe et postcoloniale, celle du commerce et de l’exploitation des femmes, et de l’exploitation de femmes le plus souvent issues des pays pauvres.

C’est une pratique sociale.

Elle pose aussi la problématique de droits de l’enfant.

Il est inadmissible que « les médecins » décident de questions sociales et économiques graves sur lesquelles ils peuvent être, en plus, partie intéressée.

La GPA est un eugénisme

VRAI  – Le système de la GPA s’appuie sur le “désir d’enfant”, et encourage un désir tellement fort que l’enfant doit répondre à des critères physiques, voire intellectuels bien déterminés. Ce peut être pour les parents le désir que l’enfant, né de gamètes qui ne viennent pas d’eux, leur ressemble physiquement; ou d’avoir des “enfants intelligents” – comme si l’intelligence dépendait d’abord des gènes. Beaucoup d’agences proposent ainsi aux parents de choisir sur catalogue le profil physique voire intellectuel de la « donneuse d’ovule » (en fait, vendeuse) à partir duquel ou desquels l’enfant sera fabriqué in vitro.

On faisait la même chose dans l’empire nazi avec les Lebensborn : des femmes blondes grandes aux yeux bleus étaient triées sur le volet, et inséminées par des hommes de même type physique, avant d’être rassemblées dans des foyers où les grossesses étaient surveillées pour donner naissance à de futurs surhommes nazis destinés à dominer le monde.

La GPA ne porte pas atteinte à la santé de la mère porteuse

FAUX . La GPA comporte plus de risques encore qu’une grossesse normale.

Si la femme « donne » (vend) ses ovocytes, elle doit subir des stimulations hormonales répétées qui triplent les risques d’hypertension et augmentent de façon certaine les risques de cancer de l’ovaire, et probablement de cancers de l’utérus (corps de l’utérus) et du sein.

Qu’elle soit ou non stimulée pour produire des ovules à la demande, la « porteuse de substitution » subit un traitement hormonal destiné à préparer sa muqueuse utérine à la gestation. Elle est d’abord traitée par des œstrogènes pendant 2 à 3 semaines (pour mimer la 1ère phase du cycle utérin) puis à la fois par des œstrogènes et de la progestérone (créant une phase lutéale artificielle). Ce traitement combiné est poursuivi pendant les 3 premiers mois de la grossesse. Les doses d’hormones utilisées étant passées sous silence, les répercussions à long terme, pour celles des mères porteuses qui ont participé à plusieurs GPA, ne sont pas connues.

Ensuite, toute mère porteuse doit subir un transfert d’embryon (l’enfant/les enfants commandé(s) par le couple). Pour le transfert, le col de l’utérus de la femme est dilaté artificiellement, afin de pouvoir pousser l’embryon par une seringue, comme on fait en général pour les veaux produits de manière artificielle. Au moment du transfert à travers le col de l’utérus, il existe un risque hémorragique qui empêchera l’implantation qu’il faudra donc recommencer.

On peut s’interroger sur le nombre d’embryons transférés dans l’utérus de la « mère porteuse » : jusqu’à 7 en Inde, contre 3 au maximum dans les autres pays, pour augmenter les « chances » de succès de grossesse (et augmentant par là-même le risque de grossesse gémellaire, donc le risque pour la femme « porteuse »). La notion de « rentabilité », caractérisant l’idéologie néo-libérale, atteint dans le cas de la GPA une limite difficilement acceptable, dans la mesure où  le produit final (l’enfant) concerne un être Humain, rangé, dans la GPA,  parmi les biens de consommation « courants »… Dans ce type de procédure, se préoccupe-t-on du sort / de la santé des femmes (donneuses d’ovocytes et mères porteuses), et de la vie et de la santé psychique de l’enfant ??

Le risque de fausse couche et d’accouchement prématuré est statistiquement plus fort chez les mères porteuses. Les grossesses après FIV aboutissent à près de 75% d’accouchements, 20% de fausses-couches spontanées, 6% de grossesses extra-utérines. Les chances de grossesse croissent avec le nombre d’embryons transférés (d’environ 10% à 25%, pour un transfert de 1 à 3 embryons), ce qui veut dire qu’on finira bien par supprimer des « surnuméraires » en cours de route.

Enfin la plupart des accouchements des mères porteuses sont provoqués, et même se font par césarienne. La césarienne est une intervention chirurgicale hémorragique qui peut demander des transfusions sanguines, avec cicatrice sur l’utérus qui peut empêcher la mère d’avoir à l’avenir d’autres enfants. La mère subit aussi une cicatrice abdominale plus ou moins inesthétique. Peut-on penser que les césariennes à répétition subies par ces femmes en Inde, soient sans danger ?

Les mères qui doivent abandonner l’’enfant qu’elles ont porté ressentent un grand vide après l’accouchement. Certaines vivent mal l’abandon de l’être qu’elles ont mis au monde.

Quelle est l’influence de ces techniques sur les caractéristiques des enfants nés ? Le taux de malformations est d’environ 3% (voisin de celui observé après accouchements « naturels »). Par contre la proportion des prématurés ainsi que le taux mortalité périnatale sont supérieurs.

Les enfants sont toujours heureux, quelle que soit l’origine de leur naissance

FAUX – On connaît bien déjà les difficultés de nombreux enfants adoptés on imagine ce qui va se passer quand l’adolescent comprendra qu’on l’a commandé comme un produit et que celle qui l’a porté l’a vendu et abandonné.

D’autres enfants sont aussi concernés dans la GPA : les frères et sœurs de l’enfant porté par la mère porteuse – car les agences choisissent de préférence, surtout aux USA, des femmes ayant déjà porté un ou deux enfants, afin de s’assurer qu’elles peuvent donner la vie sans souci, et qu’elles ne seront pas frustrées de se détacher de l’enfant, puisqu’elles en ont déjà. Belle expérience pour les frères et sœurs : maman porte un bébé, petit frère ou une petite sœur, et un jour on le « donne » à des gens qui aient à payer la voiture ! ça nourrit la confiance dans ses parents…