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Blog du Collectif pour le Respect de la Personne,              un collectif pour l'abolition de la maternité de substitution (GPA)

La GPA expliquée – en bref

Qu’est-ce que la maternité de substitution ?

 

La maternité de substitution est une pratique sociale, et non pas une technique médicale.

Elle consiste, pour une femme, dans le fait d’être inséminée, de porter et de mettre au monde un (des) enfants(s), dans le but explicite et reconnu de les remettre à une/des personne(s) qui l’a (les a) commandé(s), sur la base d’un contrat. Le plus souvent, le contrat prévoit une rémunération (ou un « dédommagement » financier) de la mère.

Pourquoi ne pas parler de « gestation pour autrui » ? Ce processus ne se limite pas à la gestation. Il comprend :

–         en amont, la sélection de la future mère (souvent par des agences commerciales); tout le traitement hormonal (pendant des mois) que celle-ci doit subir en vue d’être inséminée, et ensuite, pour fixer la grossesse ;

–         la durée de la grossesse, pendant laquelle la mère s’engage par contrat à : effectuer toutes les analyses que le(s) commanditaire(s) lui demande(nt) (notamment, l’amniocentèse), et à vivre dans certaines conditions (par exemple, vivre séparée de sa famille, dans des endroits dotés de caméras de vidéo-surveillance, ne pas avoir des rapports sexuels, respecter un certain régime alimentaire, etc.) ;

–         les suites des couches, en sachant que ce sont les commanditaires qui décident de la manière dont la mère accouche (voie basse ou césarienne).

Beaucoup de mères porteuses affirment être contentes de l’être. Pourquoi dire qu’elles sont exploitées ? Si des femmes sont amenées à se présenter à des recrutements en vue de devenir mères porteuses, elles ont aussi une motivation matérielle. Il n’y a pas, parmi les mères porteuses, des femmes issues des catégories socio-professionnelles supérieures, ayant une carrière professionnelle certaine, et des revenus réguliers (sauf à de très rares exceptions). Les commanditaires, en revanche, sont toujours des personnes qui disposent de ressources financières.

On parle d’exploitation, car il y a toujours un rapport inégalitaire, du point de vue économique et social, entre les commanditaires et la femme qui propose de devenir mère porteuse.

La grossesse non désirée et menée dans le but d’abandonner le(s) enfant(s), afin de toucher de l’argent, n’est pas un moyen d’émancipation des femmes, mais bien d’exploitation de leurs capacités de reproduction, et d’instrumentalisation de leur corps. Cette forme d’exploitation peut sembler (et être) moins violente que d’autres, que les femmes connaissent (notamment sur le marché du travail). Mais remplacer une exploitation par une autre, c’est profiter des conditions qui limitent les choix de ces femmes, c’est les exploiter et les faire perdurer.

Les enfants mis au monde par les mères porteuses sont désirés, accueillis, élevés par la/les personne(s) qui souhaitent en devenir les parents. En quoi sont-ils exploités ? L’enfant est un être humain. En tant que tel, il ne peut faire l’objet d’une transaction. Pour pouvoir disposer d’un enfant, et décider qu’on peut le donner, encore faut-il que cet être appartienne à la personne qui le donne. Pareil, pour la personne qui le recevrait.

En tant qu’êtres humains, vivant dans des régimes démocratiques, nous sommes tou.te.s égaux/égales.

On ne peut commander, par contrat, la venue au monde d’un être, dont on disposerait à sa guise, quel que soit l’amour que l’on a l’intention de lui témoigner.

La régulation internationale ne serait-elle pas une solution, étant donnée l’étendue du phénomène ? Non. Tenter d’introduire une réglementation au niveau international, fixant des normes à respecter par les différentes parties concernées (les commanditaires, les mères porteuses, les agences), ce serait légitimer une pratique qui repose sur la réduction de la femme au statut de corps disponible, et la réduction de l’enfant, au statut d’objet de transaction. En cela, le fait même de prévoir des normes en la matière, est contraire aux droits humains. Par ailleurs, les normes ne pourraient encadrer un marché qui fait aujourd’hui la loi : les Etats ayant légiféré l’ont fait sous la pression de pratiques développées par le marché des corps humains. Au lieu de combattre l’exploitation et la marchandisation, une réglementation internationale les renforcerait :

–         la mise en concurrence des femmes susceptibles de devenir mères porteuses, serait légitimée, ce qui fragiliserait les plus démunies ;

–         des enfants viendraient au monde sur la base d’un contrat visant leur vente-achat, ce qui est incompatible avec la dignité humaine.

 

 

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