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Blog du Collectif pour le Respect de la Personne,              un collectif pour l'abolition de la maternité de substitution (GPA)

Les mères porteuses, des servantes écarlates

portrait-de-la-servante-ecarlate-illustration-by-anna-elena-balbusso

 

Porté récemment à l’écran par une série télévisée de succès, le roman « La servante écarlate » de Margaret Atwood décrit un monde dans lequel les femmes sont divisées en plusieurs catégories.

Chargées de la reproduction, au service de familles dont l’épouse est stérile, les servantes écarlates sont rituellement et régulièrement violées par l’époux. La violence sexuelle s’ajoute à la violence tout court que subissent ces femmes, qui sont en fait des esclaves (puisqu’elles ne sont pas libres, leur vie appartenant au régime).

Les mères porteuses qui, depuis plus de trente ans maintenant, mettent au monde des enfants (par gestation pour autrui, GPA) – aux Etats-Unis, en Inde, en Ukraine, au Mexique, au Cambodge, en Chine… sont des femmes libres et consentantes. Pour qui en doute, il suffit d’écouter les universitaires qui en parlent dans les médias français.

Néanmoins, le Comité consultatif national d’éthique, dans son avis du 27 juin 2017, considère que les conséquences d’une GPA, aussi bien pour les mères porteuses que pour les enfants, sont assimilables à des violences. « Les conséquences, que l’on peut assimiler à des violences créées par la GPA, s’exercent principalement sur les femmes recrutées comme « mères porteuses » et sur les enfants qui naissent. » Et il précise même : « Les violences observées sont d’ordre économique, juridique, médical et psychique » (p. 40)

Les violences sont connues, et pourtant le soutien à la GPA est bien présent et réitéré. Quand de nombreuses femmes, dans des positions de pouvoir et/ou d’influence, font de la propagande en faveur de la GPA, en effaçant volontairement les rapports de domination qui jouent entre les personnes commanditaires d’un enfant et la mère porteuse, il faut se rappeler que c’est la logique de base du patriarcat.

Margaret Atwood l’avait bien identifiée, dans le monde imaginaire de son roman de 1985.

 » (…) le moyen le meilleur et le plus économiquement rentable de gérer les femmes, aux fins de la reproduction, et d’une manière générale, était de confier cette tâche aux femmes elles-mêmes. »

C’est de fait, hélas, la logique du monde d’aujourd’hui.

 

Margaret Atwood, La servante écarlate (trad. Sylviane Rué)
Crédits images : Atwood Illustration by Anna & Elena Balbusso

 

Ana-Luana Stoicea-Deram

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Cette entrée a été publiée le 28 juin 2017 par dans Billet du Blog, Marchandisation du corp, Mères porteuses : le VRAI du FAUX, et est taguée .
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