CoRP

Blog du Collectif pour le Respect de la Personne,              un collectif pour l'abolition de la maternité de substitution (GPA)

Les femmes sont bonnes et consentantes

Handmaid's 2 (2)

Enquête décryptant la légalisation canadienne de maternité de substitution qui autorise implicitement une rémunération au noir sous forme de dédommagements. La journaliste fustige l’hypocrisie de ce système ou le rôle de l’argent devrait, selon elle, être pleinement reconnu pour protéger chaque protagoniste. L’asymétrie de leurs positions ne semble en revanche pas la choquer. Que la mère porteuse soit une jeune femme immigrée de fraîche date n’ayant trouvé que ce moyen pour stabiliser sa situation n’est qu’un détail, elle était consentante.

Gil est une jeune femme étrangère, qui vit au Canada avec un visa étudiant, et espère obtenir un titre de résidence. Pour financer ses études, elle fait des ménages et du babysitting. « She had just graduated and was making ends meet by looking after children and doing some housecleaning. She mentioned to the would-be mom that she was in Canada on a student visa that would expire in a few months, but that she hoped to get a work visa by then, which she assumed would give her access to healthcare. She learned a few weeks later that she was not eligible for provincial healthcare »
Sa bonté de cœur la pousse à vouloir aider des gens qui veulent utiliser une mère porteuse pour obtenir des enfants. « The law’s architects were primarily concerned that if wombs and gametes were allowed to be traded openly in the marketplace, vulnerable people would be enticed to monetize them. As a result, lawmakers decided that only individuals offering these things for free, out of the goodness of their hearts, could be trusted to be doing it without coercion. »
Elle répond à l’annonce lancée par un couple qui recherche une femme pour porter des enfants et les leur remettre à la naissance.
Le contact passe bien. Tellement bien, que le couple demande à Gil de ne pas prendre d’avocat, parce que cela leur coûterait trop. Elle leur fait confiance et accepte (bonté du cœur). Le contrat est rédigé par le couple et leur avocat, et leur est entièrement favorable.

Gil les prévient à plusieurs reprises du fait qu’elle ne souhaite pas risquer de se retrouver enceinte de jumeaux.
Quatre embryons sont obtenus, avec des ovocytes achetés à une femme anonyme.
Lors de l’insémination, Gil assiste, impuissante, à son insémination avec les quatre embryons : la femme commanditaire l’assure que c’est elle-même et le médecin qui ont le droit d’en décider.
« Gil remembers that the mom had reassured her that they’d discuss the number of embryos with the doctor, in advance, and that she knew the idea of four made Gil uncomfortable. But instead, Gil says the decision was made in a split second, as she was lying half-naked on the transfer room table, covered only by a sheet, legs in stirrups. The doctor, sitting in front of her vagina, gloving up, asked if they’d decided on four. The parents said yes. The doctor slipped one end of a thin plastic tube into Gil’s body, on the other end of which was a small plunger, which he pressed gently, releasing four embryos into Gil’s womb. The mom, standing at Gil’s left shoulder and holding her hand, was so happy she was crying. But Gil was in shock. “There was a complete moment of disbelief. It was like the air was sucked out of the room for a second,” she recalls. « 


La grossesse se passe mal. Gil souffre depuis le début, et sa peine augmente avec l’avancement de la grossesse. La femme commanditaire s’oppose à la prise de médicaments : elle craint pour « ses » enfants et pour son budget.


Les quatre embryons se développent normalement. Les commanditaires ne veulent pas de tous, alors ils décident d’une réduction embryonnaire : on injecte dans le cœur des fœtus no. 1 et no. 4 une substance qui les tue. Ensuite, ils restent dans le ventre de la mère, à côté de leurs jumeaux, jusqu’à l’accouchement.
 « According to hospital records, fetus one and fetus four were selected for what they called “foeticide”: each was injected with two millilitres of potassium chloride to the heart. It took fifteen minutes. The procedure may have been quick, but it was extremely painful, and the mom held Gil’s hand to comfort her. Gil would now carry the dead fetuses alongside their two live siblings until the end of the pregnancy. »


Gil va de plus en plus mal. Elle demande aux commanditaires si elle peut avoir recours à des soins. La femme, excédée, finit par lui répondre qu’elle n’est qu’une femme cupide, comme toutes les autres mères porteuses, seulement intéressées par l’argent; et que tout ce qui l’intéresse c’est de rester assise sur son * alors que les commanditaires la paient.
 « According to Gil, the mom told her she was just like “every other surrogate”—going after the parents for money so she could sit on her ass and collect. Gil wrote, “She said who was *I* to put myself on bedrest…I told her I CAN’T WALK. My BP is up and I feel terrible… And then she launched into the fact that she has been upset all along that I have been prioritizing my [career] over her babies and that I was a bad surrogate and she could never forgive me if something happened to the babies… « 


L’état de Gil s’empire, et les mères porteuses avec lesquelles elle est en contact sur un forum, lui conseillent d’aller à l’hôpital (ce que la femme commanditaire avait refusé de lui accorder).
Aux urgences, les soignant/es décident rapidement de déclencher l’accouchement : sa vie est en danger.
Les enfants naissent, par césarienne. Gil est toujours en danger, et reste hospitalisée. Quand elle parvient à quitter le lit, la femme commanditaire lui demande de quitter aussi l’hôpital : ça leur coûte. « After returning to her hospital room, Gil and her brother say, she received a text from the mom, imploring Gil to ask doctors if she could be discharged, because her stay was costing too much money. « 


Mais légalement, Gil est la mère des enfants. L’homme commanditaire lui promet de lui payer ce à quoi ils s’étaient engager par contrat, si elle signe les papiers renonçant aux enfants. « He committed to paying all the hospital and medical costs as the bills came in, as he’d always done in the past. But he asked that the paperwork required to transfer legal parentage be signed first. « 
Après moult négociations, elle a été payée et ils ont eu les enfants.


Les femmes sont bonnes et consentent librement à aider des gens dans la souffrance qui leur sont infiniment reconnaissants de les avoir aider à connaître la joie etc etc etc

Anatomy of  a Surrogacy, d’Alison Motluk, à lire ici https://hazlitt.net/longreads/anatomy-surrogacy#.WgOKmiS9ZkI.twitter 

image extraite de la série The Handmaid’s Tale, produite par Hulu

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Cette entrée a été publiée le 11 novembre 2017 par dans Billet du Blog, et est taguée , .
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