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Dans son ouvrage La gestation pour autrui. Fictions et réalité (Fayard, 2013), Muriel Fabre-Magnan analyse, en juriste, tous les aspects de la pratique de maternité de substitution, concernant aussi bien la femme mère porteuse que les enfants. Elle montre notamment pourquoi aux Etats-Unis cette pratique a pu se développer au point d’en devenir un business florissant : le droit admet une contractualisation sans limites.

« Aux Etats-Unis, les partisans de la gestation pour autrui affichent ainsi une croyance fermement ancrée dans le libre jeu du marché et une foi sans faille dans l’égale capacité de négociation des parties. Dès lors, il n’y a pas d’inconvénient à ce qu’une personne se mettre « librement » à la disposition d’autrui. Ils affirment alors que « la liberté protégée par le droit autorise les personnes à se traiter mutuellement comme des moyens pour des fins reproductives, avec leurs capacités de négociation et les autres ressources déterminant le destin des futurs enfants […] Une telle liberté permet aux gens de déterminer et de satisfaire leur bien-être plus efficacement que par une intervention étatique. Dans une société libérale, la main invisible de la préférence procréative doit être autorisée à s’épanouir, malgré les scrupules de ceux qui pensent que cela détruit les bases de notre humanité1 ».

Dans cette idéologie, l’Etat et le droit ne doivent plus interférer avec le marché et, en particulier, ils doivent s’abstenir d’organiser une aide et une solidarité nationales. Les plus faibles et les plus pauvres n’ont, dans ces conditions, plus d’autre moyen de subsistance que de vendre ce qu’ils peuvent.

Le choix est ainsi clairement posé entre deux modèles de société » (p. 118-119)

Lecture fortement recommandée!

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