Quand les difficultés économiques et sociales touchent de plein fouet les familles les plus modestes, les femmes sont celle qui payent le prix fort. Elles sont les premières visées par les trafics d’êtres humains, qui les exploitent sur les marchés les plus demandeurs : la prostitution et la maternité de substitution.

Comme pour la prostitution, pour laquelle il faut forcer des femmes à se soumettre à des viols répétés, pour faire gagner de l’argent à ceux qui les exploitent, pour la GPA aussi, il faut forcer des femmes à se faire extraire leurs ovocytes et à porter des enfants, pour enrichir les trafiquants et ceux qui les aident.

Comme pour la prostitution, dans les pays où la pratique est légale (« et donc éthique », disent les promoteurs du marché) le trafic humain à but d’exploitation sexuelle et reproductive s’intensifie.

Comme pour la prostitution, des femmes migrantes sont impliquées : jamais, dans les pays où « la pratique est légale, donc éthique », il n’y a assez de femmes pour satisfaire la demande. Les femmes qui bénéficient de conditions de formation et de travail décentes et suffisantes, ne se soumettent volontairement ni à la prostitution ni à la GPA, à moins d’avoir besoin urgent d’argent – surtout si elles ont des enfants-, et de ne pas avoir d’autres alternatives pour en obtenir.

Alors, voilà, en Grèce, la GPA est légale. Et dite altruiste. Tout le monde sait – et ceux qui ont fait la loi, le savaient pertinemment depuis le début-, que les femmes mères porteuses sont payées  pour porter, mettre au monde et se séparer d’un enfant. Tout le monde sait qu’elles sont exploitées. Tout le monde sait que c’est la porte ouverte à tous les trafics. Mais comme ça sert le marché de l’humain, vanté et promu à force de presse complaisante et complice, comme ça rapporte beaucoup (beaucoup), on préfère dire que « si la pratique est légale, c’est éthique ». Les autorités grecques savent que 60% des mères porteuses en Grèce sont des femmes immigrées, encore plus pauvres et corvéables que les femmes grecques. Les femmes roms sont particulièrement exposées à l’exploitation par maternité de substitution

« In 2017, the Hellenic Republic National Bioethics Commission published a study for which it had examined hundreds of surrogacy rulings issued by an Athens court. It found that more than 60 percent of surrogate mothers are not citizens of Greece. The study noted that most of them are from Bulgaria, Poland, Georgia, Albania and Romania: countries in Eastern Europe where people are even poorer than the Greek population, despite almost a decade of economic crisis. It is often said that women from Roma families are recruited as surrogate mothers. »

Ces trafics sont connus depuis des années. Des jeunes femmes vulnérables, parfois mineures, sont trafiquées – par les mêmes réseaux -, et pour la prostitution et pour la maternité de substitution. Comme ces jeunes filles roumaines, que les trafiquants forçaient à se prostituer dans des pays occidentaux où la prostitution est légale (« donc éthique », n’oublions pas), et qu’ils envoyaient aussi en Espagne pour être utilisées comme mères porteuses. Pour satisfaire la demande, ils adaptaient leurs techniques : les jeunes filles, mineures, étaient mariées pour pouvoir leur faire quitter la Roumanie et les exploiter en occident.

Jusqu’au jour où on voit clairement qu’il s’agit de trafic d’être humains.Comme cela s’est produit, récemment, en Grèce. Là, on ne peut plus dire qu’on ne sait pas.  Il ne suffit plus de dire que « c’est légal, donc éthique ». Et si on légifère pour admettre une telle horreur, on ne respecte en rien l’intérêt supérieur des enfants, mais l’unique intérêt du marché de l’humain.

Ana-Luana Stoicea-Deram

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